Les Blessés du bonheur ; L'atelier d'écriture
marc on 06/21/2015 updated on 07/18/2016


Cette série d’affiches est le fruit de plusieurs ateliers d’expression - groupes de parole réalisés au fil du temps, au sein du Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale « Accueil 9 de cœur », accueillant des personnes victimes de violences conjugales.

«On sait que l'une des conséquences des violences qui sévissent au sein du couple est d'isoler les personnes victimes du monde extérieur, de les isoler des autres.

Une démarche collective d'écriture est naturellement source d'échange. Elle favorise la reconstruction narcissique et la confiance en soi grâce au miroir social que sont les autres …

 Une fois la confiance en soi et en autrui installée, l'écriture devient alors une voie ouverte à l'imaginaire et à la vie.  L'écriture a alors une fonction thérapeutique essentielle ; elle peut devenir un exécutoire, permet de mettre des mots sur son vécu, de coucher dans les textes ce que l'on ressent pour le faire sortir de soi, de donner vie à ses démons pour mieux les combattre, mais aussi de rendre beau ce qui ne l'est pas, de ressentir du plaisir tout en exorcisant ses souffrances ; Dès lors, penser avec plaisir pourra mener à penser le plaisir... »   (Extrait du projet).

Le choix des auteurs/acteurs de ce projet a été de raconter les violences conjugales autrement, dans toutes leurs complexités et leurs diversités;

  • Des hommes et des femmes « victimes » qui partagent leur souffrance, leur refus des violences subies et surtout, leurs espoirs d'un nouveau possible,
  • Une personne qui souhaite que cesse cette violence insoutenable mais déclare et revendique l'amour qu'elle porte toujours à son conjoint,
  • Une personne qui a fui le domicile conjugal parce que son partenaire ne la battait plus, preuve selon elle, qu’il ne l’aimait plus,
  • Une femme victime qui se propose à la violence de son conjoint, par amour, pour tenter de sauver son amant d'une enfance maltraitée,
  • Le sentiment de vide intolérable qui se crée à l'occasion du départ du domicile conjugal,  tant chez l'auteur que chez la victime,
  • Des adolescents qui expriment leur souffrance face à cette violence qui sévit au sein du couple de leurs parents,
  • Des travailleurs sociaux qui disent leurs difficultés à accueillir parfois la parole, avec des propos tenus qui viennent heurter leurs convictions professionnelles, personnelles et même intimes, et qui expriment la complexité de cette relation pour éviter d'enfermer, par leur bienveillance, les personnes accueillies dans un statut de victime,
  • Un artiste qui vient poser son émotion sur ces  amours souffrants,
  • Des femmes et des hommes qui brisent le silence des maux …

C’est cette formidable aventure humaine que nous vous invitons à partager avec nous, en vous proposant des affiches qui dérangent, qui bousculent, qui invitent au débat … 

« Cette guerre conjugale, qu'on doit hésiter à qualifier de « violence », est un fléau trop grave pour être abandonné aux mots » Élisabeth Badinter (2003).

 

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